L’allergie alimentaire

L’allergie alimentaire

Histoire de l’allergie alimentaire

Les réactions anormales dues aux aliments sont des phénomènes connus depuis l’antiquité mais les notions d’anaphylaxie et d’allergie ne sont apparues qu’au début du XXème siècle¹ ² avec l’émergence de la médecine moderne.

Définition et mécanisme de l’allergie alimentaire

Allergie alimentaire origine et définition - Valpiform

L’allergie alimentaire correspond à une réaction inadaptée et exagérée de l’organisme vis-à-vis de protéines rencontrées dans l’environnement proche et normalement inoffensives. Ces protéines sont dans ce cas appelées allergènes.

Le processus allergique se déroule en 2 étapes distinctes :

  • la première présentation de l’allergène à l’organisme sensibilise ce dernier.
  • lorsque l’organisme se retrouve de nouveau au contact de l’allergène, une réaction se produit : c’est l’allergie.
    L’allergie se manifeste donc après des contacts répétés avec l’allergène.

L’allergie alimentaire immédiate est la plus connue des allergies alimentaires et génère la production d’anticorps appelés IgE, dirigées spécifiquement contre l’allergène concerné.

Fréquence des allergies alimentaires

En France, 3,2% de la population est actuellement concernée par l’allergie alimentaire (1,8 à 4% en Europe). Cependant la fréquence et les caractéristiques de l’allergie alimentaire varient incontestablement suivant l’âge.

Phénomène en croissance, les allergies alimentaires ont été intégrées au Programme National Nutrition et Santé (PNNS) de 2001, programme ayant pour but de promouvoir la bonne santé de la population française. En effet, elles sont de plus en plus répandues et, regroupées avec les allergies respiratoires, de contact ou médicamenteuses, sont désormais hissées au 4ème rang mondial des maladies les plus fréquentes.

Les facteurs de risque de l’allergie alimentaire

Les facteurs généraux

Plusieurs facteurs peuvent influencer l’apparition d’une allergie alimentaire :

  • la génétique par la présence d’un terrain atopique (capacité héréditaire de fabriquer des IgE),
  • l’environnement par la pollution ou le tabagisme notamment,
  • l’alimentation par une diversification parfois trop précoce.

La théorie « hygiéniste »

La théorie dite « hygiéniste » propose une explication supplémentaire à la recrudescence de l’allergie. L’excès d’hygiène et la vaccination engendrent une baisse des infections bactériennes dans la petite enfance. Or le contact avec les bactéries banales de l’environnement à cette période de la vie est important pour une évolution du système immunitaire dans un sens favorable qui s’oppose à l’atopie.

Les revers de l’alimentation moderne

Aujourd’hui, les nouvelles technologies augmentent significativement la probabilité d’allergies alimentaires :

  • l’utilisation d’ingrédients alimentaires, souvent masquées, pour changer la saveur ou encore l’apparence d’un produit, peut engendrer des risques d’allergies parfois non mesurés ;
  • certaines protéines peuvent contaminer les lignes de fabrication sur lesquelles elles
    sont utilisées : le passage d’un autre aliment entraînera alors une contamination involontaire ;
  • l’apparition de nouveaux aliments dans l’alimentation moderne favorise l’apparition de nouvelles allergies. Par exemple : la noix de cajou ou le kiwi sont des allergènes découverts récemment.

Les principaux allergènes alimentaires

90% des allergies alimentaires correspondent à 8 catégories d’aliments : lait, œuf, arachide, fruits à coque, blé, poissons, crustacés et soja.

Les allergènes les plus souvent incriminés dépendent également des habitudes alimentaires du patient :

  • riz au Japon, mais plus récemment, en raison de l’alimentation moderne, farine de blé et sarrasin ;
  • farine de blé, de maïs, tomate et pêche en Italie ;
  • poissons en Scandinavie ;
  • arachide et fruits à coque aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France.

Les symptômes de l’allergie alimentaire

Les symptômes apparaissent entre quelques minutes et 4 heures après ingestion.

Parfois violentes, les manifestations peuvent impacter tous les organes :

  • au niveau de la peau, une dermatite ou de l’urticaire sont très fréquents en cas d’allergies alimentaires ;
  • des troubles digestifs peuvent également apparaître, des douleurs abdominales suivies de vomissements et d’un épisode diarrhéique étant souvent associés aux problèmes cutanés ;
  • l’arbre respiratoire peut également subir des désagréments : asthme, rhinite…
  • d’autres symptômes peuvent être observables (pâleur, léthargie démontrée, hypotonie généralisée).

Les manifestations ne sont pas uniquement localisées. Dans les cas les plus graves, une réaction généralisée peut également se produire : il s’agit du choc anaphylactique qui augmente alors le risque d’arrêt cardio-respiratoire.

Eviction et réactions croisées

Le principal moyen de traiter l’allergie alimentaire est l’éviction du ou des allergènes dans l’alimentation.

Or, l’éviction peut s’avérer compliquée : les allergènes peuvent en effet être masqués. Leur présence n’est pas souvent ou pas assez clairement mentionnée sur l’emballage du produit.

De plus, des réactions croisées peuvent survenir : une protéine de constitution proche de l’allergène alimentaire pourra alors enclencher une allergie.

Un exemple : le pollen de bouleau peut perturber un allergique à la pomme.

Allergie alimentaire vs Intolérance alimentaire

Dans bon nombre de cas, l’allergie alimentaire est confondue avec l’intolérance alimentaire. Ces 2 réactions sont pourtant très différentes : elles ne mettent pas en jeu les mêmes mécanismes.

L’allergie alimentaire se manifeste par une réaction immunitaire anormale à l’encontre des allergènes aboutissant à la formation d’anticorps qui vont alors entraîner la libération d’autres molécules responsables de l’apparition de symptômes.

Lors d’une intolérance alimentaire, le système immunitaire n’entre pas en jeu : le corps n’est pas capable de digérer certains types d’aliments car l’enzyme nécessaire à cette digestion est absente ou inactive. La réaction est due à l’aliment non digéré lui-même.

¹ : Portier P. et Richet C., De l’action anaphylactique de certains venins, Bull-Soc-Biol, 1902, 170-172.

² : Von Pirquet C., 1906.

 

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